Urbex à Goussainville (95190)
À Goussainville, le Vieux-Pays forme un îlot ancien pris entre le centre moderne et les pistes de Roissy. Les maisons murées, les pavés moussus, l’église Saint-Pierre-Saint-Paul et le château composent un paysage figé, mais pas désert. Quelques habitants, des équipements récents et des projets de réhabilitation brouillent désormais l’image du village fantôme.
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Les meilleurs spots d’urbex à Goussainville
Le Vieux-Pays, ancien bourg autour de l’église
Le Vieux-Pays de Goussainville se trouve à l’écart du centre moderne, dans la partie ancienne de la commune, à quelques kilomètres des pistes de Roissy. Le bourg conserve une trame de petites rues, des trottoirs pavés envahis par la mousse et de nombreuses façades murées. L’ancienne enseigne « Boulangerie » se devine encore sur l’un des bâtiments, tandis que des murs gris recouvrent les ouvertures de plusieurs maisons.
L’église Saint-Pierre-Saint-Paul domine toujours le quartier. Une partie de l’édifice remonte au XIIIe siècle et son classement comme monument historique a empêché la démolition des habitations proches. Le Vieux-Pays reste donc un village habité par endroits, avec une école, une librairie et quelques bâtiments réhabilités, plutôt qu’un secteur entièrement déserté.
Le château et son parc
À proximité de la place du village, le château forme le second point fort du Vieux-Pays. Cette bâtisse des XVIIIe et XIXe siècles a été habitée jusqu’en 1983. La végétation gagne le parc et les façades portent les marques d’un long défaut d’entretien. Les tilleuls, les murs anciens et les ouvertures dégradées donnent au site une présence différente de celle des simples maisons murées.
Le parc a connu de nouveaux usages au cours des dernières années. Cette évolution change progressivement l’aspect du secteur, sans effacer les traces de la période d’abandon. Le château reste associé à l’image du village oublié, mais le paysage autour de lui n’est plus figé comme il a pu l’être auparavant.
« Au Paradis », l’ancien café du village
Dans le tissu ancien du bourg, l’enseigne Au Paradis rappelle l’existence d’un ancien troquet. Le bâtiment appartient à cette série de commerces et d’habitations qui ont perdu leur activité après le départ d’une grande partie des riverains. Sa façade, ses ouvertures condamnées et son inscription résiduelle racontent davantage la vie quotidienne passée que l’architecture spectaculaire d’une friche industrielle.
Ce type de vestige explique la réputation particulière de Goussainville. Ici, l’abandon se lit dans les détails, les volets clos, les murs repris au parpaing, les enseignes effacées et les pavés couverts de végétation. Il ne s’agit pas d’un village entièrement vide.

Pourquoi Goussainville possède autant de lieux oubliés
Le déclin du Vieux-Pays commence au début des années 1970, avec la construction de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le quartier se trouve à moins de cinq kilomètres des pistes et subit le passage régulier des avions. Le bruit a poussé de nombreux habitants et commerçants à partir, alors que les maisons rachetées par Aéroports de Paris devaient à l’origine être démolies.
L’église Saint-Pierre-Saint-Paul a interrompu ce scénario. Son classement a protégé les constructions situées dans un rayon de 500 mètres autour du clocher. Les habitations quittées ont donc été conservées, souvent sans entretien, puis murées. C’est cette combinaison entre exode résidentiel, nuisances aériennes et protection patrimoniale qui a produit le paysage de façades closes et de bâtiments dégradés.
Le surnom de village fantôme reste parlant, mais il simplifie la réalité. Environ 300 habitants sont restés dans le Vieux-Pays malgré le départ massif des autres familles. Depuis 2022, la commune engage une revitalisation du quartier, avec la remise en valeur du patrimoine, de nouvelles activités et des transformations autour du parc du château. Les avions continuent de rappeler la cause de l’abandon, tandis que le quartier retrouve peu à peu des usages.
Où trouver des spots d’urbex à Goussainville
Les vestiges se concentrent dans le Vieux-Pays, autour de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, de la place du village et du parc du château. Le secteur se distingue nettement du centre moderne de Goussainville. Les traces les plus visibles sont les maisons murées, les anciennes devantures, les pavés gagnés par la mousse et les bâtiments délaissés regroupés près du cœur historique.
Depuis le Vieux-Pays, la proximité de Roissy-en-France se lit dans le trafic aérien et dans le paysage marqué par l’aéroport Charles-de-Gaulle. Le Thillay, au sud-est, appartient au même environnement de communes soumises aux circulations aériennes et aux transformations rapides de la plaine. Gonesse prolonge cette continuité urbaine vers le sud, avec ses anciennes zones d’activités et ses grands axes qui relient Goussainville au reste de l’est du Val-d’Oise.
Louvres, au nord, est reliée à Goussainville par le même ensemble résidentiel et ferroviaire de la plaine. Fontenay-en-Parisis, au nord-ouest, rappelle le caractère agricole et périurbain des marges de la commune, tandis que Vaudherland se trouve dans le voisinage immédiat du couloir aéroportuaire. Ces communes servent de repères territoriaux, mais les bâtiments murés, l’ancien café, le château et l’église se concentrent bien dans le Vieux-Pays de Goussainville.