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Urbex à Bussy-Saint-Georges (77600)

À Bussy-Saint-Georges, les ruines du domaine du Génitoy apparaissent entre les immeubles de la ville nouvelle. Ce site réunit un château du XVIIe siècle, une ferme briarde et un pigeonnier. Le vieux village conserve aussi un lavoir du XIXe siècle, des cours et des puits qui rappellent l’ancien bourg rural.

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Domaine du Génitoy

À l’est de Bussy-Saint-Georges, le domaine du Génitoy occupe environ cinq hectares au milieu des constructions récentes. Le site comprend les ruines du château, un ancien corps de ferme, des communs et un pigeonnier. Les bâtiments sont désaffectés et la végétation a gagné les espaces laissés sans usage.

Le domaine est en partie inscrit aux monuments historiques. Une opération prévoyant un hôtel, des logements, un restaurant et une salle de réception n’a pas abouti. Le permis accepté en 2013 est devenu caduc avant 2016, tandis qu’un litige opposait le propriétaire à EpaMarne.

Château du Génitoy

Le château du Génitoy est un édifice du XVIIe siècle, composé à l’origine d’un corps de logis encadré par deux pavillons. Il ne subsiste plus qu’une bâtisse très dégradée, entourée de fossés autrefois alimentés par la source de la Butte de Vaux.

Le Génitoy était un fief ancien, mentionné dès le XIIIe siècle. En 1672, Mme de Montespan aurait accouché dans le château de Louis-César de Bourbon, fils de Louis XIV. Le domaine est ensuite passé par les mains de Fouché, duc d’Otrante, puis de James de Rothschild.

Ferme du Génitoy

La ferme du Génitoy forme un ensemble de bâtiments disposés autour d’une enceinte fermée, relié au château par un petit pont de pierres. Le porche d’entrée est surmonté d’un pigeonnier à tour cylindrique, dont les trous de boulins et l’échelle tournante sont encore conservés.

Cette grande ferme briarde était affermée à des exploitants agricoles, notamment aux Ganneron père et fils, éleveurs de mérinos. Les écuries, construites entre la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, complètent les bâtiments aujourd’hui désaffectés. Un incendie a touché l’ancien corps de ferme le 3 mai 2026.

Lavoir municipal de Bussy-Saint-Georges

Le lavoir municipal se trouve dans le vieux village, rue du Lavoir, ancien chemin du Moulin. Sa couverture a été réalisée en juillet 1862, après une décision municipale prise le 12 juillet 1856 et un échange de terrains validé le 6 décembre 1861.

Ce lavoir répondait aux difficultés d’accès au lavoir de Cessoy, situé dans le bas de la rue de Ferrières. La pente de la rue principale et la distance entre les deux extrémités du village compliquaient le transport du linge pour les habitantes du « bout du bas ».

Les cours et puits du vieux village

Le vieux village de Bussy-Saint-Georges conserve 17 cours et plusieurs dizaines de puits. Ces éléments appartiennent au tissu ancien du bourg, installé avant l’urbanisation de la ville nouvelle.

Ils ne constituent pas une friche industrielle, mais ils permettent de repérer l’ancien fonctionnement rural de la commune autour du Génitoy, du lavoir et des fermes. La différence entre ce noyau ancien et les immeubles construits plus récemment explique le contraste visible sur place.

Vue aérienne de Bussy-Saint-Georges

Pourquoi Bussy-Saint-Georges possède autant de lieux oubliés

Bussy-Saint-Georges est une ville nouvelle implantée sur un territoire qui possédait déjà un village, des fermes et le fief du Génitoy. Le domaine constituait autrefois une importante exploitation agricole. Au XIXe siècle, la ferme produisait des revenus grâce à ses grands exploitants et à l’élevage de mérinos.

La rupture vient du passage d’un patrimoine agricole et seigneurial à un projet immobilier contemporain. En 1999, l’AFTRP cède le domaine à la ville. En 2001, une partie du patrimoine communal, comprenant le Génitoy, est vendue au groupe immobilier France Pierre pour 4,6 millions de francs.

Le projet initial prévoyait la restauration des bâtiments historiques avec de l’hôtellerie et du logement. Le premier permis, déposé en 2003, est refusé sur une question d’assainissement. Le second, déposé en 2013, prévoit 273 logements, un hôtel de standing, un restaurant et des espaces de réception, mais il devient caduc.

Le coût de réhabilitation, estimé à plus de 40 millions d’euros, freine la reprise du chantier. Le désaccord entre France Pierre et EpaMarne prolonge l’abandon, alors que les immeubles neufs encerclent progressivement le domaine. La réputation de Bussy-Saint-Georges repose ainsi sur l’image d’une ville moderne, mais son patrimoine le plus visible reste lié au vieux village et au Génitoy.

Le taux de délinquance de Bussy-Saint-Georges ne fournit pas l’explication de cet abandon. Pour le Génitoy, les causes documentées sont la succession de permis, la caducité du projet, le litige d’aménagement et le coût des travaux.

Où trouver des spots d’urbex à Bussy-Saint-Georges

Commencez par le secteur du Génitoy, à l’est de la commune. Le château, la ferme, les communs et le pigeonnier forment le principal ensemble patrimonial délaissé de Bussy-Saint-Georges. Dans le vieux village, la rue du Lavoir et la rue de Ferrières concentrent les traces du fonctionnement communal ancien.

Ferrières-en-Brie est reliée au vieux village par la rue de Ferrières, au bas de laquelle se trouvait le lavoir de Cessoy. Guermantes est liée à l’histoire du lavoir municipal par l’échange de terrains conclu entre la commune et ses propriétaires en 1856. Bussy-Saint-Martin prolonge le secteur du « bout du bas », défini autrefois par la direction du village vers cette commune.

Collégien, Gouvernes, Conches-sur-Gondoire, Jossigny, Chanteloup-en-Brie et Croissy-Beaubourg forment les autres communes limitrophes de Bussy-Saint-Georges. Leurs limites permettent de distinguer le vieux noyau communal, le domaine du Génitoy et les secteurs urbanisés de la ville nouvelle.

Pour documenter l’évolution du site, comparez les photographies aériennes anciennes de l’IGN avec le cadastre actuel. Les archives départementales peuvent préciser les propriétaires et les transformations du Génitoy. La presse locale numérisée permet de suivre les permis de construire et le litige d’aménagement. La base Mérimée renseigne enfin sur l’inscription du domaine et la description de ses bâtiments.

Sur place, les indices les plus parlants sont les murs de ferme disposés en enceinte, les fossés du château, le porche surmonté du pigeonnier, les anciennes enseignes du projet immobilier et le contraste entre les ruines du Génitoy et les immeubles récents construits autour du domaine.

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