Urbex de la Creuse (23)
La Creuse présente un urbex rural, dispersé entre vallons, bourgs vieillissants et hameaux éloignés. Autour de Guéret, Aubusson, La Souterraine et Bourganeuf, les bâtiments délaissés rappellent l’ancien tourisme routier, les activités minières, la tapisserie, l’agriculture et les migrations qui ont vidé certaines campagnes.

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Carte urbex de la Creuse
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Les meilleurs spots d’urbex de la Creuse
Un ancien domaine vers Guéret
Aux environs de Guéret, un ancien domaine rassemble des bâtiments en pierre et des dépendances autour d’un parc gagné par la végétation. L’ensemble correspond au patrimoine des grandes propriétés rurales creusoises, dont certaines ont perdu leur usage résidentiel et agricole.
Les façades, les ouvertures hautes et les annexes constituent les principaux éléments encore visibles. Le silence du site contraste avec l’organisation autrefois nécessaire à une propriété occupée et entretenue.
Un ancien château vers La Souterraine
Le secteur de La Souterraine conserve des demeures anciennes liées à sa position sur l’axe historique Paris-Toulouse. Un ancien château du secteur présente une bâtisse en pierre, des fenêtres hautes, des éléments de toiture dégradés et des dépendances agricoles.
Les pièces intérieures et le mobilier qui subsistent témoignent d’un usage résidentiel ancien. La Souterraine constitue aussi un point de repérage pour les maisons de bourg, hôtels et bâtiments ruraux situés autour des anciens itinéraires de passage.
Un ancien hôtel près d’Aubusson
Près d’Aubusson, un ancien hôtel conserve une façade traditionnelle et plusieurs niveaux de chambres. L’établissement appartenait au réseau d’hébergement qui accompagnait les déplacements dans une ville connue pour sa tapisserie.
La fermeture de l’activité a laissé des espaces de réception et des pièces d’hébergement figés. Les traces de cet ancien usage hôtelier se distinguent par la répétition des chambres et l’organisation des circulations intérieures.
Une ancienne demeure vers Évaux-les-Bains
Aux abords d’Évaux-les-Bains, une ancienne demeure en pierre possède de grandes fenêtres et des éléments décoratifs anciens. Elle s’inscrit dans le patrimoine bâti d’une commune thermale fréquentée depuis l’Antiquité.
Le thermalisme relancé au XIXe siècle a favorisé la construction et l’entretien d’hôtels, de maisons de séjour et de demeures liées aux visiteurs. Les bâtiments délaissés du secteur portent encore cette vocation résidentielle et touristique.
Un ancien bar de village près de Bourganeuf
Près de Bourganeuf, un ancien bar de village conserve une petite salle, un comptoir en bois et une vitrine ancienne. Le lieu rappelle les cafés qui concentraient les échanges quotidiens dans les communes rurales.
La disparition du commerce de proximité a laissé une organisation intérieure distincte des maisons d’habitation. Le comptoir, les ouvertures sur rue et les volumes de la salle permettent d’identifier l’ancienne fonction commerciale.
Les anciens ateliers et maisons de Dun-le-Palestel
Les environs de Dun-le-Palestel réunissent des maisons de bourg, des ateliers, des bâtiments agricoles et de petites friches. Ces constructions correspondent à un urbex dispersé, lié aux activités artisanales et aux services locaux plutôt qu’à une grande zone industrielle.
Les enseignes effacées, les portes d’atelier et les dépendances accolées aux habitations permettent de distinguer les anciennes fonctions. Le tissu bâti se lit particulièrement dans les villages situés autour du bourg.
Une maison rurale vers Saint-Martin-Sainte-Catherine
Vers Saint-Martin-Sainte-Catherine, certaines maisons isolées associent habitation, grange et dépendances agricoles. Les papiers peints anciens, le mobilier laissé sur place et la végétation qui recouvre les accès montrent l’abandon progressif d’un ensemble familial.
Ce type de bâtiment illustre le recul de l’habitat dispersé dans le centre de la Creuse. Les successions et l’éloignement des hameaux ont parfois laissé des maisons sans occupant durable.

Pourquoi la Creuse possède autant de lieux oubliés
La Creuse est un département rural du Massif central, marqué par l’agriculture, l’artisanat, les petites industries et l’exode rural. Au XIXe siècle, les maçons creusois partaient travailler à Paris, tandis que les campagnes perdaient progressivement une partie de leur population.
Autour d’Aubusson et de Felletin, la tapisserie a structuré l’économie locale pendant plusieurs siècles. Le savoir-faire d’Aubusson est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2009. La baisse de certaines activités a laissé des ateliers, des logements et des bâtiments de production sans usage.
Le passé minier explique aussi la présence de vestiges industriels. À Bosmoreau-les-Mines, le charbon a été exploité de la fin du XVIIIe siècle jusqu’en 1958. Le bassin d’Ahun et de Lavaveix-les-Mines a conservé des traces de l’activité houillère et de l’habitat ouvrier du XXe siècle.
Le thermalisme d’Évaux-les-Bains, connu depuis l’Antiquité et relancé au XIXe siècle, a produit un patrimoine hôtelier plus important que ne le laisserait attendre la taille de la commune. Le recul du tourisme routier et la diminution de la fréquentation des petites villes ont ensuite favorisé la fermeture d’hôtels, de pensions et de cafés.
Où trouver des spots d’urbex de la Creuse
Les secteurs de Guéret, La Souterraine, Aubusson, Felletin, Bourganeuf et Dun-le-Palestel concentrent des formes différentes de bâti délaissé. Guéret et La Souterraine orientent vers les domaines, maisons et bâtiments de passage, tandis qu’Aubusson et Felletin permettent de rechercher d’anciens ateliers liés à la tapisserie.
Les abords de Bosmoreau-les-Mines, d’Ahun et de Lavaveix-les-Mines sont associés aux traces minières. Évaux-les-Bains concentre plutôt les anciens bâtiments thermaux et hôteliers. Les hameaux autour de Saint-Martin-Sainte-Catherine offrent un bâti rural plus dispersé.
Les photographies aériennes anciennes de l’IGN permettent de comparer l’évolution des toitures, des cours et des dépendances. Les archives départementales de la Creuse apportent des plans, des recensements et des documents sur les activités minières, artisanales ou hôtelières.
La presse locale numérisée aide à dater une fermeture, une vente ou un changement d’activité. La base Mérimée signale les édifices patrimoniaux documentés, tandis que le cadastre permet de suivre la transformation des parcelles et la disparition de certains bâtiments.
Sur les photographies et lors du repérage des bourgs, plusieurs indices signalent un bâtiment délaissé : volets constamment fermés, toiture partiellement effondrée, fenêtres murées, végétation dans les gouttières, enseigne ancienne ou cour sans entretien. Ces signes prennent un sens différent selon le type de lieu, car un ancien hôtel, une mine, un atelier de tapisserie et une ferme ne présentent pas les mêmes volumes ni les mêmes traces d’activité.