Urbex à Sainte-Tulle (04220)
À Sainte-Tulle, les traces anciennes se concentrent dans le village historique et sur ses marges, entre fontaines, lavoirs, édifices religieux et bâtiments publics du XXe siècle. Le territoire offre moins de friches industrielles que le bassin manosquin, mais il conserve plusieurs architectures délaissées ou figées, notamment autour du ruisseau Chaffère.
Les cartes qui couvrent Sainte-Tulle
-
Carte urbex des Alpes-de-Haute-Provence
5 positions GPS
6,99 €
-
Carte urbex de Provence-Alpes-Côte d'Azur
225 positions GPS
34,99 €
Explorer plus large : Alpes-de-Haute-Provence Provence-Alpes-Côte d'Azur
Les meilleurs spots d’urbex à Sainte-Tulle
L’ancienne école des années 1930
Dans le cœur du village, l’ancienne école des années 1930 constitue l’un des bâtiments les plus intéressants à observer. Sa présence rappelle l’agrandissement de Sainte-Tulle au cours du XXe siècle, avec une architecture publique plus régulière et plus fonctionnelle que celle des maisons anciennes. Les volumes de classe, les ouvertures hautes et les éléments de façade donnent une lecture différente du vieux bourg.
Le bâtiment s’inscrit dans un tissu encore habité, au milieu des édifices religieux et des constructions plus récentes. Il faut surtout y chercher les détails de composition, les anciennes proportions des fenêtres et les traces d’aménagement scolaire plutôt qu’un décor de friche spectaculaire.
Les lavoirs de la Fontaine Basse
Les lavoirs de la Fontaine Basse remontent à l’aménagement réalisé en 1864. Le bassin, les couvertures et les maçonneries témoignent d’un équipement collectif conçu pour accompagner l’extension du village. La pierre garde une patine plus marquée dans les parties exposées à l’humidité, tandis que les abords ont progressivement changé d’usage.
Ce lieu appartient au petit patrimoine communal plutôt qu’à la friche abandonnée. Il offre néanmoins une lecture précise des anciens réseaux d’eau de Sainte-Tulle, complétée par la Fontaine Ronde et les autres ouvrages liés aux canalisations mises en place dès 1609.
La chapelle des Pénitents
La chapelle des Pénitents se distingue par son échelle réduite et son inscription dans le bâti ancien. Elle rappelle le vœu formulé après la peste de 1720, quand les notables de Sainte-Tulle organisèrent un pèlerinage annuel vers la chapelle Sainte-Tulle. Les murs, les percements et la sobriété de l’ensemble forment un décor plus minéral que monumental.
Son intérêt tient à cette superposition entre mémoire religieuse et évolution du centre ancien. Les abords montrent comment les édifices cultuels ont été absorbés par le village, au fil des transformations des parcelles et des cheminements.
La crypte près du ruisseau Chaffère
Au sud-est de la commune, près du ruisseau Chaffère, la crypte semi-rupestre constitue le vestige le plus singulier de Sainte-Tulle. L’édifice rassemble trois salles voûtées en plein cintre, datées de la fin du XIe ou du début du XIIe siècle. La roche, les voûtes et les changements de niveau donnent au lieu une atmosphère très différente de celle du village.
Des fouilles engagées en 2005 ont précisé son intérêt, avant son inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 2011. Il s’agit d’un édifice ancien conservé, non d’une friche contemporaine, mais sa situation en marge du bourg en fait un repère important pour comprendre le paysage oublié de Sainte-Tulle.

Pourquoi Sainte-Tulle possède autant de lieux oubliés
Sainte-Tulle s’est développée par strates. Le centre ancien conserve des traces médiévales, des équipements hydrauliques des XVIIe et XIXe siècles, puis des bâtiments publics du XXe siècle. Ces constructions ne relèvent pas toutes de l’abandon, mais elles ont souvent perdu leur fonction première. Les fontaines et les lavoirs ne structurent plus la vie quotidienne comme autrefois, tandis que l’ancienne école appartient à une période révolue de l’organisation du village.
La commune conserve aussi une forte mémoire religieuse. L’église Notre-Dame de Beauvoir, citée dès 1119 et reconstruite après l’effondrement de sa nef en 1585, domine cette histoire. La chapelle des Pénitents et la crypte près du Chaffère ajoutent des échelles plus discrètes, avec des murs épais, des voûtes et des circulations anciennes qui se lisent encore dans le paysage.
Pour repérer des lieux oubliés dans un secteur comme celui-ci, les indices les plus utiles sont les anciennes fonctions plutôt que le mot abandon. Les cartes anciennes, les inventaires patrimoniaux et les vues aériennes font ressortir les bâtiments publics, les bassins, les chapelles, les dépendances agricoles et les ruptures dans le tissu bâti. À Sainte-Tulle, cette méthode conduit vers des édifices modestes, pas vers une longue liste de domaines désertés.
- les équipements liés à l’eau, comme les fontaines, les lavoirs et les canalisations anciennes ;
- les bâtiments publics remplacés ou transformés, notamment l’ancienne école ;
- les édifices religieux installés en bordure du village ou près du Chaffère ;
- les changements de trame entre le centre ancien, les extensions résidentielles et les terres agricoles.
Où trouver des spots d’urbex à Sainte-Tulle
Le secteur le plus dense se situe dans le vieux village, autour de l’église Notre-Dame de Beauvoir, de la chapelle des Pénitents et des anciens points d’eau. Les façades, les bassins et les murs de soutènement y forment un ensemble cohérent. L’ancienne école des années 1930 se lit dans cette même continuité urbaine, avec une architecture plus tardive qui tranche avec les maçonneries anciennes.
Il faut ensuite suivre le paysage vers le sud-est, en direction du ruisseau Chaffère. La crypte y occupe une position à part, dans un environnement plus rural et plus encaissé. Cette rupture entre le village compact et les abords du cours d’eau explique la diversité des ambiances sur une courte distance.
Manosque prolonge naturellement les recherches autour de Sainte-Tulle, notamment par la continuité du bassin de vie et les anciennes zones d’activités qui s’étendent au nord de la commune. Pierrevert relie le village aux coteaux viticoles et aux chemins ruraux de l’est, tandis que Corbières-en-Provence ouvre vers les paysages agricoles et les constructions dispersées du sud-ouest.
Vers le nord, Volx et Dauphin appartiennent au même ensemble de plaines, de reliefs bas et de villages anciens. À l’ouest, Montfuron, Montjustin et Villemus prolongent plutôt les itinéraires vers les plateaux du Luberon. Gréoux-les-Bains et Saint-Martin-les-Eaux se rattachent davantage aux paysages thermaux et ruraux de la vallée, avec des formes bâties différentes de celles du centre tullésain.